Le temps est une denrée rare, trop rare... Je pense que ça ira comme explication pour l'immobilité du blog ce dernier mois (n'est-ce pas). Pour les autres mécontents, s'adresser au service des réclamations : sectionventilo@caramail.com. Notre standardiste, dj-éduc-coolman et célibataire de surcroît, se fera un grand - que dis-je ? un IMMENSE - plaisir de vous répondre.
Entre CPE et autres agitations sociales, où en est la Section Ventilo ? Bonne question Norbert. Pour tout dire, on est encore sur pas mal de chantiers en même temps - comme d'hab. Mais avant d'évoquer tout ça, un petit mot sur le CPE (quand même).
Bon, même si le blog de la Section Ventilo n'est pas le lieu adéquat pour une telle intervention (pas de position politique au nom du collectif), je me permets à titre personnel - en tant que contributeur de ce blog - et parce que nos activités portent sur un public plutôt jeune (tout est relatif) de dire mon avis sur les "agitations" (ça renvoie à la vieille idée d'un ordre social parfait qui s'éroderait... je vous laisse juge) de ces dernières semaines. Je serai relativement bref, rassurez-vous.
Voilà, la seule chose que je voulais souligner - ou plutôt dénoncer, c'est le fait que dans tous les débats ayant trait au CPE, donc par extension sur l'emploi des jeunes, jamais les réelles questions de fond ne sont abordées. Certes, il s'agit ici pour beaucoup de s'opposer à un nouveau contrat jugé discriminant (c'est aussi mon avis), mettant en péril les vieux acquis du code du travail, et ce, dans un contexte d'urgence (c'est à dire, avant que le projet ne soit institutionnellement assis et sociétalement accepté - même si la digestion doit être longue). Mais pourquoi si peu de polémiques au sujet de la réforme contractuelle comme voie d'action contre le chômage des jeunes ?
C'est vrai, dans tout le ramdam de ces derniers jours, j'ai l'impression que bcp d'opposants au CPE tendent - presque - à donner du crédit à ce projet de réforme en ne le dénonçant que trop peu (je sens de la stupeur derrière l'écran) : au lieu de récuser la voie contractuelle en bloc, trop se limitent, à mon avis, à en dénoncer les travers. Comme si une stimulation de l'emploi des jeunes devait forcément passer par le biais d'une réforme d'ordre contractuelle ou statutaire...
Moi, j'ai l'impression qu'il y a d'autres choses au centre du problème de l'emploi des jeunes que ne pourra jamais résoudre une réforme des contrats :
- l'inadéquation structurelle entre les formations et les besoins des entreprises (combien de DESS ou autres peu scrupuleux - mais surtout soucieux de leur survie - qui font miroiter des débouchés fictifs à leurs étudiants ? Je n'en ai que trop d'exemples) ;
- la trop faible rémunération des jeunes salariés en France (voir les études comparatives sur le salaire des jeunes à l'embauche en Europe ; ces études sont légion) ;
- la confiance et les responsabilités octroyées aux jeunes (bien maigres chez nous) ;
- la conception de l'entreprise et de l'entrepreneur qui prévaut dans notre société (trop peu de d'entreprises responsables et solidaires ajd) ;
etc.
Ces points-là sont trop occultés, surtout en ces jours d'intenses débats publics (là encore, tout est relatif : quels lieux de débats ?). Je ne vais pas m'étendre davantage, je suis juste déçu de la façon dont cette question de l'emploi des jeunes est actuellement traitée, discutée, et je tenais à le dire.
Merde, j'ai plus de temps pour enchaîner sur les activités de la Section (j'vais me faire taper sur les doigts, moué). Comme dit la formule, donc : " à suivre"...
Précieux avis